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Dans le silence de l’abîme
La survie n’est pas un choix.
Elle abîme en puissance
Les proies en sursis.

La résilience de ces victimes,
De cette vie sans joie,
Est si intime que sa violence
Se noie dans l’oubli.

Ne pense pas que le crime
Est celui qui se voit.
On décime des présences,
Enfouies sous la surface,
En proie aux débris
Et sans défense, pourtant légitimes.

À travers mon cri, c’est leurs voix :
Qu’on estime leur existence
Et entrevoie une porte de sortie.

Photo de Naja Bertolt Jensen sur Unsplash

Pour chaque personne à qui j’ai fait lire ce texte que j’ai écrit ci-dessus, il paraissait évident que je parlais de violences et de victimes humaines. Hors, je parle bien de la pollution qui détruit la faune des fonds marins. Pourtant, ces créatures ont déjà chacune leurs prédateurs sur place et n’ont pas besoin que nous venions en rajouter avec nos plastiques, filets de pêche et autres détritus.

Cependant, le parallèle me plaît et me parle. Pour avoir subi des violences physiques et psychologiques dans mon enfance et ma vie de jeune femme, je sais à quel point les mots “survie”, “résilience”, “oubli” ou encore “sans défense” peuvent rappeler ce que vivent bon nombres d’être humains derrière les murs d’une maison en apparence (ou pas) tranquille. Cela peut également nous faire penser aux victimes de guerre avec le mot “décime” ou le passage “enfouies sous la surface, en proie aux débris”. Tant d’innocents en mer et sur terre.

Si mon texte peut éveiller quelques consciences, que ce soit pour la protection des créatures marines ou pour celles des humains, j’en suis touchée. Rappelons-nous que c’est en étant unis, conscients et solidaires que nous pouvons gagner en sérénité. Quand à la faune sous marine, nos destins sont liés aux leurs. Si nous continuons de perturber les écosystèmes, nous détruisons ce qui nous maintiens tous en vie.

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